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La peinture moderniste
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“Modernist painting” est paru en 1960 dans Voice of America, soit vingt ans après “Towards a newer Laocoon”. Greenberg y revient sur son interprétation historique de la peinture moderniste et son analyse de la « pureté ». Il définit le Modernisme comme la tendance à l’auto-critique, tendance que l’on peut trouver à l’œuvre dans tout domaine d’activités et qui est issue, grosso modo, de Kant. En art, une telle auto-critique passe par une interrogation sur la nature du médium de chaque art. Ainsi peut s’élaborer une auto-définition de chaque art, ramené à sa pureté, c’est-à-dire à ce qu’il ne partage avec aucun autre art. En peinture, cet élément, ce propre, consiste en la planéité de la surface de la toile ; la peinture moderniste, formelle y trouvera donc son axe exclusif d’exploration.Dès lors, voir un tableau moderniste consiste à voir d’abord et avant tout le tableau, plutôt que ce qui y est peint. La peinture moderniste va être amenée à refuser un certain type d’espace, représentatif d’une profondeur réaliste et donc contraire à la stricte bidimensionnalité de la toile. Elle s’oppose alors à la sculpture et se rattache donc à une longue tradition anti-sculpturale : celle-ci a commencé quand la peinture insistait sur la couleur, puis continua au xixe siècle, alors qu’elle mettait l’accent sur l’optique pure. Cette histoire de la peinture est dialectique, faite de révolutions et de contre-révolutions qui conduisent jusqu’à l’affirmation de la planéité du tableau. Cette démarche auto-critique révèle encore l’usage fécond des règles limitatives pour créer, et l’inspiration des méthodes scientifiques pour se donner une cohérence d’ordre scientifique. Enfin Greenberg revient sur une idée fausse, soutenant qu’il n’y a pas de rupture avec la peinture du passé.
Title: La peinture moderniste
Description:
“Modernist painting” est paru en 1960 dans Voice of America, soit vingt ans après “Towards a newer Laocoon”.
Greenberg y revient sur son interprétation historique de la peinture moderniste et son analyse de la « pureté ».
Il définit le Modernisme comme la tendance à l’auto-critique, tendance que l’on peut trouver à l’œuvre dans tout domaine d’activités et qui est issue, grosso modo, de Kant.
En art, une telle auto-critique passe par une interrogation sur la nature du médium de chaque art.
Ainsi peut s’élaborer une auto-définition de chaque art, ramené à sa pureté, c’est-à-dire à ce qu’il ne partage avec aucun autre art.
En peinture, cet élément, ce propre, consiste en la planéité de la surface de la toile ; la peinture moderniste, formelle y trouvera donc son axe exclusif d’exploration.
Dès lors, voir un tableau moderniste consiste à voir d’abord et avant tout le tableau, plutôt que ce qui y est peint.
La peinture moderniste va être amenée à refuser un certain type d’espace, représentatif d’une profondeur réaliste et donc contraire à la stricte bidimensionnalité de la toile.
Elle s’oppose alors à la sculpture et se rattache donc à une longue tradition anti-sculpturale : celle-ci a commencé quand la peinture insistait sur la couleur, puis continua au xixe siècle, alors qu’elle mettait l’accent sur l’optique pure.
Cette histoire de la peinture est dialectique, faite de révolutions et de contre-révolutions qui conduisent jusqu’à l’affirmation de la planéité du tableau.
Cette démarche auto-critique révèle encore l’usage fécond des règles limitatives pour créer, et l’inspiration des méthodes scientifiques pour se donner une cohérence d’ordre scientifique.
Enfin Greenberg revient sur une idée fausse, soutenant qu’il n’y a pas de rupture avec la peinture du passé.
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