Javascript must be enabled to continue!
« Silence, on ferme ! »
View through CrossRef
Résumé Depuis la fin des années quatre-vingt-dix, au moins sept documentaires mettant en scène la fermeture d’une ou plusieurs usines et/ou ses conséquences pour les ouvriers ont fait l’objet de débats en salles, en présence de membres du « monde de l’art » et des champs scientifique et politique. L’auteure met en parallèle trois de ces films en particulier – ceux qui se déroulent pendant l’« événement fermeture » –, pour analyser leur représentation du monde ouvrier et les liens qui peuvent être objectivement établis avec d’autres regards, celui des sciences sociales et celui du militantisme. Plusieurs points communs sont mis au jour : les réalisateurs, aux trajectoires professionnelles et politiques pourtant variées, sont entrés dans l’usine par la fermeture et ont pu ainsi filmer le travail ouvrier et le rapport des salariés à leur emploi dans un contexte où il va leur être enlevé ; leur regard est proche de celui fourni par certains travaux ethnographiques effectués sur ce monde depuis la fin des années quatre-vingt. Leurs films font par ailleurs écho aux discours militants « altermondialistes » propres aux années quatre-vingt-dix - deux mille et à ceux des organisations politiques traditionnelles du monde ouvrier : ils mettent en scène, de façon certes différente, la lutte et le militantisme ouvriers, mais chacun intègre – et par là dénonce – les effets du néolibéralisme. Enfin, à travers la fermeture, qui ressort ici comme un objet cinématographique, les réalisateurs ont porté à l’écran des « personnages », issus d’une frange du monde ouvrier ancienne et stabilisée, dont l’avenir est remis en cause. Si les représentations du monde ouvrier émanant de ces films récents varient selon les réalisateurs et leur trajectoire sociale, elles se trouvent chacune à la frontière de trois univers intellectuels : malgré des contraintes professionnelles différentes, le point de vue artistique des documentaristes est à la fois proche de celui de chercheurs en sciences sociales et de celui de militants, ce qui explique l’intérêt de ces derniers pour les premiers.
Title: « Silence, on ferme ! »
Description:
Résumé Depuis la fin des années quatre-vingt-dix, au moins sept documentaires mettant en scène la fermeture d’une ou plusieurs usines et/ou ses conséquences pour les ouvriers ont fait l’objet de débats en salles, en présence de membres du « monde de l’art » et des champs scientifique et politique.
L’auteure met en parallèle trois de ces films en particulier – ceux qui se déroulent pendant l’« événement fermeture » –, pour analyser leur représentation du monde ouvrier et les liens qui peuvent être objectivement établis avec d’autres regards, celui des sciences sociales et celui du militantisme.
Plusieurs points communs sont mis au jour : les réalisateurs, aux trajectoires professionnelles et politiques pourtant variées, sont entrés dans l’usine par la fermeture et ont pu ainsi filmer le travail ouvrier et le rapport des salariés à leur emploi dans un contexte où il va leur être enlevé ; leur regard est proche de celui fourni par certains travaux ethnographiques effectués sur ce monde depuis la fin des années quatre-vingt.
Leurs films font par ailleurs écho aux discours militants « altermondialistes » propres aux années quatre-vingt-dix - deux mille et à ceux des organisations politiques traditionnelles du monde ouvrier : ils mettent en scène, de façon certes différente, la lutte et le militantisme ouvriers, mais chacun intègre – et par là dénonce – les effets du néolibéralisme.
Enfin, à travers la fermeture, qui ressort ici comme un objet cinématographique, les réalisateurs ont porté à l’écran des « personnages », issus d’une frange du monde ouvrier ancienne et stabilisée, dont l’avenir est remis en cause.
Si les représentations du monde ouvrier émanant de ces films récents varient selon les réalisateurs et leur trajectoire sociale, elles se trouvent chacune à la frontière de trois univers intellectuels : malgré des contraintes professionnelles différentes, le point de vue artistique des documentaristes est à la fois proche de celui de chercheurs en sciences sociales et de celui de militants, ce qui explique l’intérêt de ces derniers pour les premiers.
Related Results
Power in Silence: Captions, Deafness, and the Final Girl
Power in Silence: Captions, Deafness, and the Final Girl
IntroductionThe horror film Hush (2016) has attracted attention since its release due to the uniqueness of its central character—a deaf–mute author who lives in a world of silence....
Literary Silences in Pascal, Rousseau, and Beckett
Literary Silences in Pascal, Rousseau, and Beckett
Abstract
To explore literary silence is to explore the relationships between literary texts and the silence of the ineffable. It is to enquire what dynamics texts de...
Sociological Methods of Studying Silence
Sociological Methods of Studying Silence
This paper is devoted to the methods of studying silence as a social phenomenon. As a research object, it is characterised by a high degree of uncertainty, multiple interpretations...
THE ETHOS OF SILENCE IN THE LANGUAGE OF PEDAGOGY
THE ETHOS OF SILENCE IN THE LANGUAGE OF PEDAGOGY
Aim: The aim of considerations on the language of silence is to enrich the conceptual apparatus of pedagogy in the context of a perspective view of values, directions of developmen...
A Litany of Silence
A Litany of Silence
Possess silence, brother, as a strong wall. For silence will enable thee to subdue the uprisings of passion, for thou fightest from a height while they lie beneath thy feet. Theref...
THOUSAND FACES OF SILENCE: AN INTERTEXTUAL READING OF ILYA KAMINSKY’S DEAF REPUBLIC
THOUSAND FACES OF SILENCE: AN INTERTEXTUAL READING OF ILYA KAMINSKY’S DEAF REPUBLIC
The power of silence in literature lies in its transcending and enriching characteristic which renders it possible to grasp a deeper meaning by way of telling the things that canno...
Moving towards Literary Silence
Moving towards Literary Silence
Abstract
For the critic to approach and define a concept of silence is to approach a seductive concept. To seduce, from seducere, means to lead astray or to separate...

