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La faille lyrique entre l’ouïe et l’œil
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Cet article explore les paradoxes du lyrisme d’Emily Dickinson, qui se fonde sur le secret et le silence pour subvertir le modèle conventionnel d’un épanchement de la voix lyrique. Quelles sont la nature et l’identité de la voix poétique qui secrètement parle à travers la persona lyrique des poèmes d’Emily Dickinson ? C’est à cette question que je souhaiterais apporter un début de réponse, guidé par une théorie « figurale » du lyrisme pour laquelle le sujet lyrique n’est autre que la faille dans laquelle le sujet poétique se retire et se retrace pour pouvoir écrire et s’inscrire. À travers la lecture de quelques poèmes ouvertement métapoétiques, je montre comment la polyphonie du lyrisme dickinsonien se traduit par une écriture synesthésique où le sujet acquiert son identité propre entre l’ouïe et l’œil. Cette remise en jeu de la première personne est ensuite analysée selon ses modalités figurales : le sujet lyrique apparaît ainsi pris dans les multiples inscriptions iconiques des poèmes. Derrière l’assertion souvent trompeuse d’un « je, »« Dickinson » se constitue en sujet poétique plus ambigü, élaborant une esthétique selon laquelle la poésie ne peut s’accomplir pleinement que dans la réserve, sur le mode à la fois confidentiel et conditionnel d’une parole restée potentielle, spectrale.
Title: La faille lyrique entre l’ouïe et l’œil
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Cet article explore les paradoxes du lyrisme d’Emily Dickinson, qui se fonde sur le secret et le silence pour subvertir le modèle conventionnel d’un épanchement de la voix lyrique.
Quelles sont la nature et l’identité de la voix poétique qui secrètement parle à travers la persona lyrique des poèmes d’Emily Dickinson ? C’est à cette question que je souhaiterais apporter un début de réponse, guidé par une théorie « figurale » du lyrisme pour laquelle le sujet lyrique n’est autre que la faille dans laquelle le sujet poétique se retire et se retrace pour pouvoir écrire et s’inscrire.
À travers la lecture de quelques poèmes ouvertement métapoétiques, je montre comment la polyphonie du lyrisme dickinsonien se traduit par une écriture synesthésique où le sujet acquiert son identité propre entre l’ouïe et l’œil.
Cette remise en jeu de la première personne est ensuite analysée selon ses modalités figurales : le sujet lyrique apparaît ainsi pris dans les multiples inscriptions iconiques des poèmes.
Derrière l’assertion souvent trompeuse d’un « je, »« Dickinson » se constitue en sujet poétique plus ambigü, élaborant une esthétique selon laquelle la poésie ne peut s’accomplir pleinement que dans la réserve, sur le mode à la fois confidentiel et conditionnel d’une parole restée potentielle, spectrale.
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