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L'ambassade de France à Moscou

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En 1924 lors du rétablissement des relations diplomatiques entre la France et la jeune U.R.S.S., il fallut trouver à Moscou un édifice à même d'abriter la délégation française de manière aussi somptueuse que l'ancien hôtel diplomatique de Saint-Pétersbourg. En 1938, l'État français et le commissariat du peuple aux affaires étrangères soviétique passèrent contrat pour le bail de la maison Igoumnov et de ses dépendances. Ce vaste hôtel particulier fut bâti entre 1888 et 1893 pour l'industriel Nikolai Vassilievitch Igoumnov par l'architecte de Iaroslav Nikolai Pozdeev dans le style russe du XVIIe siècle, période considérée à la fin du XIXe siècle, dans les milieux slavophiles auxquels appartenaient les Igoumnov, comme le sommet de l'architecture russe. La maison Igoumnov représente ainsi le plus bel exemple d'architecture privée néorusse de la capitale, aussi bien dans ses élévations que dans ses intérieurs. Les salons de réception étaient cependant traités dans le goût classique français, boiseries et dorures, symbole d'un art de vivre aristocratique dont les Igoumnov, industriels enrichis, ne pouvaient pas encore faire l'économie. Le choix de cet hôtel particulier néorusse pour abriter le siège de la délégation française s'explique non seulement par la beauté de la maison elle-même, mais également par sa double destination d'origine : professionnelle et familiale. Les espaces privés, qui devenaient appartements pour les diplomates, et les espaces semi-publics, salons et salle à manger de réception, étaient clairement définis et séparés. De plus, des anciens communs dans la cour arrière, purent servir de chancellerie alors que les Soviétiques construisaient un pavillon à proximité pour abriter d'autres logements. C'est pourquoi les travaux furent peu importants. Malgré les précisions du contrat de bail, les frictions furent continuelles entre le maître d'œuvre — l'ambassadeur et le ministère des affaires étrangères — et le maître d'ouvrage — le Burobin, bureau soviétique pour les étrangers à Moscou. Les relations diplomatiques entre la France et l'U.R.S.S. s'intensifiant à partir des années 1960 et le personnel de l'ambassade s'élargissant, il fallut trouver des solutions aux problèmes de logement et de travail auxquels la maison Igoumnov et les anciens communs ne répondaient plus. Ces derniers étaient particulièrement mal adaptés et les Français finirent en 1979 par faire construire une nouvelle chancellerie ainsi qu'un immeuble d'habitation dans la parcelle mitoyenne. La maison Igoumnov continue cependant à remplir parfaitement sa fonction d'hôtel diplomatique de prestige, où les murs et les murmures propagent les traditions françaises et russes.
Title: L'ambassade de France à Moscou
Description:
En 1924 lors du rétablissement des relations diplomatiques entre la France et la jeune U.
R.
S.
S.
, il fallut trouver à Moscou un édifice à même d'abriter la délégation française de manière aussi somptueuse que l'ancien hôtel diplomatique de Saint-Pétersbourg.
En 1938, l'État français et le commissariat du peuple aux affaires étrangères soviétique passèrent contrat pour le bail de la maison Igoumnov et de ses dépendances.
Ce vaste hôtel particulier fut bâti entre 1888 et 1893 pour l'industriel Nikolai Vassilievitch Igoumnov par l'architecte de Iaroslav Nikolai Pozdeev dans le style russe du XVIIe siècle, période considérée à la fin du XIXe siècle, dans les milieux slavophiles auxquels appartenaient les Igoumnov, comme le sommet de l'architecture russe.
La maison Igoumnov représente ainsi le plus bel exemple d'architecture privée néorusse de la capitale, aussi bien dans ses élévations que dans ses intérieurs.
Les salons de réception étaient cependant traités dans le goût classique français, boiseries et dorures, symbole d'un art de vivre aristocratique dont les Igoumnov, industriels enrichis, ne pouvaient pas encore faire l'économie.
Le choix de cet hôtel particulier néorusse pour abriter le siège de la délégation française s'explique non seulement par la beauté de la maison elle-même, mais également par sa double destination d'origine : professionnelle et familiale.
Les espaces privés, qui devenaient appartements pour les diplomates, et les espaces semi-publics, salons et salle à manger de réception, étaient clairement définis et séparés.
De plus, des anciens communs dans la cour arrière, purent servir de chancellerie alors que les Soviétiques construisaient un pavillon à proximité pour abriter d'autres logements.
C'est pourquoi les travaux furent peu importants.
Malgré les précisions du contrat de bail, les frictions furent continuelles entre le maître d'œuvre — l'ambassadeur et le ministère des affaires étrangères — et le maître d'ouvrage — le Burobin, bureau soviétique pour les étrangers à Moscou.
Les relations diplomatiques entre la France et l'U.
R.
S.
S.
s'intensifiant à partir des années 1960 et le personnel de l'ambassade s'élargissant, il fallut trouver des solutions aux problèmes de logement et de travail auxquels la maison Igoumnov et les anciens communs ne répondaient plus.
Ces derniers étaient particulièrement mal adaptés et les Français finirent en 1979 par faire construire une nouvelle chancellerie ainsi qu'un immeuble d'habitation dans la parcelle mitoyenne.
La maison Igoumnov continue cependant à remplir parfaitement sa fonction d'hôtel diplomatique de prestige, où les murs et les murmures propagent les traditions françaises et russes.

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