Javascript must be enabled to continue!
Numéro 59 - mai 2008
View through CrossRef
"Yahoo refuse l'offre de rachat de Microsoft !" L'encre des gros titres commentant cette décision est à peine sèche que le géant de Redmond pourrait, selon la rumeur, jeter son dévolu sur Facebook, deuxième réseau social numérique sur base du nombre d'utilisateurs actifs. En octobre 2007, Microsoft avait d'ailleurs déjà pris une participation dans Facebook à hauteur d'un quart de milliard de dollars.
Mais comment le géant du logiciel, à qui l'on doit des produits aussi peu festifs que Windows, ou la suite logicielle Office, en est-il arrivé à considérer sérieusement le rachat de ce qui ressemble à un innocent gadget d'étudiant, une déclinaison Internet du rituel "Yearbook" cher aux étudiants américains ? Comment ces produits de loisirs purs, proposant gratuitement à leurs utilisateurs des services parfaitement inutiles tels que l'envoi d'un baiser virtuel à un "ami" ou la participation à un concours de "vampires" (?), peuvent-ils atteindre de telles valorisations boursières ?
Tout simplement parce qu'ils sont les stars du Web 2.0, ce terme désormais consacré par lequel on caractérise les sites où les utilisateurs peuvent interagir à la fois avec les contenus qui y sont déposés et entre eux. Le dernier numéro de Regards Economiques s'efforce de démonter la mécanique économique qui se cache derrière l'apparente gratuité qui est généralement concédée aux usagers. Car, si la gratuité d'usage se transforme en une valorisation financière significative, c'est forcément que cette gratuité a une contrepartie payante.
Le déploiement du Web 2.0 démarre là où l'industrie culturelle traditionnelle marque le pas. La numérisation des produits de contenus tels que musique, son, vidéo et information écrite met en effet à mal le modèle d'affaire dans lequel les Majors vendaient CD, DVD et autres supports dont le contrôle est aujourd’hui rendu plus difficile par leur caractère immatériel. Les sites commerciaux du Web 2.0 tirent parti de cette évolution en exploitant la possibilité de diffuser une très large gamme de contenus, directement "uploadés" par les utilisateurs. Ils se positionnent en plate-forme d'échanges où les contenus sont partagés entre utilisateurs. Les exemples les plus frappants étant à coup sûr YouTube ou MySpace. La présence de contenus très nombreux et très diversifiés constituent un puissant attrait pour les utilisateurs potentiels, qui s'affilient en nombre et apportent à leur tour de nouveaux contenus. Cette spirale vertueuse génère une audience colossale qui constitue le premier pilier du modèle d'affaire du Web 2.0.
Le second pilier est le fait que ces contenus très diversifiés auxquels je peux accéder, ces utilisateurs très hétérogènes avec lesquels je peux interagir ne sont vraiment intéressants que s'ils sont proposés en fonction des mes propres goûts, de mes centres d'intérêt. Il faut donc organiser, trier, l'information brute. Ce à quoi s'emploient les plates-formes web, Google et ses moteurs de recherche en tête. Chaque utilisateur a donc un intérêt direct à révéler ses caractéristiques propres pour réaliser des interactions fructueuses. Ce faisant, il "offre" à la plate-forme la possibilité de construire une gigantesque base de données d'utilisateurs.
Il reste alors à la plate-forme à vendre l'accès à cette audience à des annonceurs publicitaires pour lesquels la capacité à toucher un large public, finement ciblé sur des goûts, des centres d'intérêt est particulièrement attrayante. La gratuité promise aux utilisateurs vise donc à assurer une forte participation et une révélation d'information maximale. Ce qui revient à assurer pour la base de données la plus grande valeur ajoutée possible, tant par la taille que par le ciblage des utilisateurs, et donc à s'assurer une disponibilité à payer maximale de la part des annonceurs. Google excelle évidemment dans ce domaine.
Ce modèle d'affaire où le brassage de contenus organisé par des plates-formes web est instrumentalisé pour attirer des ressources publicitaires pose de nombreuses questions à l'autorité publique. D'une part parce que nombre de ces contenus, protégés par le droit d'auteur, circulent de manière illicite. Comment permettre le développement du Web 2.0 tout en assurant la rémunération légitime des titulaires de droit ? D'autre part, parce que les mécanismes qui président au développement de ces plates-formes génèrent une tendance naturelle à la concentration. Les récentes offres de rachat émanant de Microsoft, Google et autres le confirment. Comment garantir un degré suffisant de concurrence dans cette industrie ? Faut-il contenir l'expansion tentaculaire de Google dont l'ubiquité a de quoi inquiéter ? Autant de questions ouvertes.
Title: Numéro 59 - mai 2008
Description:
"Yahoo refuse l'offre de rachat de Microsoft !" L'encre des gros titres commentant cette décision est à peine sèche que le géant de Redmond pourrait, selon la rumeur, jeter son dévolu sur Facebook, deuxième réseau social numérique sur base du nombre d'utilisateurs actifs.
En octobre 2007, Microsoft avait d'ailleurs déjà pris une participation dans Facebook à hauteur d'un quart de milliard de dollars.
Mais comment le géant du logiciel, à qui l'on doit des produits aussi peu festifs que Windows, ou la suite logicielle Office, en est-il arrivé à considérer sérieusement le rachat de ce qui ressemble à un innocent gadget d'étudiant, une déclinaison Internet du rituel "Yearbook" cher aux étudiants américains ? Comment ces produits de loisirs purs, proposant gratuitement à leurs utilisateurs des services parfaitement inutiles tels que l'envoi d'un baiser virtuel à un "ami" ou la participation à un concours de "vampires" (?), peuvent-ils atteindre de telles valorisations boursières ?
Tout simplement parce qu'ils sont les stars du Web 2.
0, ce terme désormais consacré par lequel on caractérise les sites où les utilisateurs peuvent interagir à la fois avec les contenus qui y sont déposés et entre eux.
Le dernier numéro de Regards Economiques s'efforce de démonter la mécanique économique qui se cache derrière l'apparente gratuité qui est généralement concédée aux usagers.
Car, si la gratuité d'usage se transforme en une valorisation financière significative, c'est forcément que cette gratuité a une contrepartie payante.
Le déploiement du Web 2.
0 démarre là où l'industrie culturelle traditionnelle marque le pas.
La numérisation des produits de contenus tels que musique, son, vidéo et information écrite met en effet à mal le modèle d'affaire dans lequel les Majors vendaient CD, DVD et autres supports dont le contrôle est aujourd’hui rendu plus difficile par leur caractère immatériel.
Les sites commerciaux du Web 2.
0 tirent parti de cette évolution en exploitant la possibilité de diffuser une très large gamme de contenus, directement "uploadés" par les utilisateurs.
Ils se positionnent en plate-forme d'échanges où les contenus sont partagés entre utilisateurs.
Les exemples les plus frappants étant à coup sûr YouTube ou MySpace.
La présence de contenus très nombreux et très diversifiés constituent un puissant attrait pour les utilisateurs potentiels, qui s'affilient en nombre et apportent à leur tour de nouveaux contenus.
Cette spirale vertueuse génère une audience colossale qui constitue le premier pilier du modèle d'affaire du Web 2.
Le second pilier est le fait que ces contenus très diversifiés auxquels je peux accéder, ces utilisateurs très hétérogènes avec lesquels je peux interagir ne sont vraiment intéressants que s'ils sont proposés en fonction des mes propres goûts, de mes centres d'intérêt.
Il faut donc organiser, trier, l'information brute.
Ce à quoi s'emploient les plates-formes web, Google et ses moteurs de recherche en tête.
Chaque utilisateur a donc un intérêt direct à révéler ses caractéristiques propres pour réaliser des interactions fructueuses.
Ce faisant, il "offre" à la plate-forme la possibilité de construire une gigantesque base de données d'utilisateurs.
Il reste alors à la plate-forme à vendre l'accès à cette audience à des annonceurs publicitaires pour lesquels la capacité à toucher un large public, finement ciblé sur des goûts, des centres d'intérêt est particulièrement attrayante.
La gratuité promise aux utilisateurs vise donc à assurer une forte participation et une révélation d'information maximale.
Ce qui revient à assurer pour la base de données la plus grande valeur ajoutée possible, tant par la taille que par le ciblage des utilisateurs, et donc à s'assurer une disponibilité à payer maximale de la part des annonceurs.
Google excelle évidemment dans ce domaine.
Ce modèle d'affaire où le brassage de contenus organisé par des plates-formes web est instrumentalisé pour attirer des ressources publicitaires pose de nombreuses questions à l'autorité publique.
D'une part parce que nombre de ces contenus, protégés par le droit d'auteur, circulent de manière illicite.
Comment permettre le développement du Web 2.
0 tout en assurant la rémunération légitime des titulaires de droit ? D'autre part, parce que les mécanismes qui président au développement de ces plates-formes génèrent une tendance naturelle à la concentration.
Les récentes offres de rachat émanant de Microsoft, Google et autres le confirment.
Comment garantir un degré suffisant de concurrence dans cette industrie ? Faut-il contenir l'expansion tentaculaire de Google dont l'ubiquité a de quoi inquiéter ? Autant de questions ouvertes.
Related Results
Factores relacionados con el tiempo de tratamiento en un Posgrado de Ortodoncia
Factores relacionados con el tiempo de tratamiento en un Posgrado de Ortodoncia
Introducción: Este estudio observacional de corte transversal fue realizado con el fin de determinar el tiempo de tratamiento y los factores que pueden afectarlo en los pacientes ...
Mitotic Activity Index Identifies Both Over- and Undertreated Lymph Node Negative Breast Cancer Patients < 55 Year According to the Norwegian Treatment Guidelines.
Mitotic Activity Index Identifies Both Over- and Undertreated Lymph Node Negative Breast Cancer Patients < 55 Year According to the Norwegian Treatment Guidelines.
Abstract
Background: It is a challenge to avoid under- and overtreatment of breast cancer patients in the adjuvant setting. Patients who have not received adjuvant s...
IMPLICAŢIILE MEDICO-SOCIALE ALE SARCINII LA MAME MINORE
IMPLICAŢIILE MEDICO-SOCIALE ALE SARCINII LA MAME MINORE
Sarcina la vârsta adolescenţei reprezintă o situaţie specială mai ales în rândul adolescentelor care nu beneficiază de susţinere familială, fiind expuse riscului de a nu primi îngr...
E cald si bine langa tine. Atasamentul
E cald si bine langa tine. Atasamentul
Mai intai, ne atasam pentru ca trebuie sa supravietuim. Apoi pentru ca trebuie sa supravietuim in continuare. In relatiile noastre. Ne atasam acolo unde simtim caldura si disponibi...
Milices Maï-Maï, Dénonciation De L’impérialisme Et Politisation Des Masses Rurales Au Maniema (RDC)
Milices Maï-Maï, Dénonciation De L’impérialisme Et Politisation Des Masses Rurales Au Maniema (RDC)
Based on a documentary inquiry aimed at reconstructing the processes of denunciation of imperialism associated with the Congolese Rally for Democracy (RCD)’s war in the Democratic ...
Micropropagação de abacaxi ornamental (Ananas comosus var. bracteatus) por meio da indução ao estiolamento e regeneração de plântulas.
Micropropagação de abacaxi ornamental (Ananas comosus var. bracteatus) por meio da indução ao estiolamento e regeneração de plântulas.
O mercado de flores tropicais está em franca expansão, sendo crescente a comercialização de abacaxi ornamental como flor de corte. Segmentos nodais estiolados são utilizados para a...
A View of Jungian Analysis in Aotearoa New Zealand
A View of Jungian Analysis in Aotearoa New Zealand
This paper traces something of the Jungian presence in Aotearoa New Zealand from the late 1930s through the formal association of Jungian analysts in the late 1970s to the present ...
Relative peripheral refractive errors in Chinese children with myopic anisometropia
Relative peripheral refractive errors in Chinese children with myopic anisometropia
AIM: To compare relative peripheral refractive errors (RPREs) in Chinese children with and without myopic anisometropia (MAI) and to explore the relationship between RPRE and myopi...

