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SÉROLOGIE BACTÉRIENNE
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La sérologie dans le cadre du diagnostic des maladies bactériennes infectieuses pose des problèmes d’interprétation quine peuvent être résolus que par une appréhension globale del’interprétation des tests biologiques dans un contexte clinicomicrobiologique précis. La sérologie a, avant tout, un usageindiscuté et indispensable qui est celui du diagnostic (Raoult,1988). Elle est particulièrement utile lorsque la culture de labactérie suspectée est lente ou difficile comme par exemplepour les bactéries intracellulaires (Coxiella burnetii, Rickettsiaspp., Chlamydia spp.) ou encore Leptospira spp., Borrelia spp,Brucella spp… Elle présente également un intérêt lorsque labactérie a été décapitée par un traitement antibiotique préalableou encore lorsque le diagnostic nécessite des prélèvements tropinvasifs. Il convient ici de rappeler que le paramètre évalué estle plus souvent la réponse immunologique humorale spécifiqueà un agent infectieux. Contrairement aux virus, de nombreusesbactéries n’induisent pas de réponse humorale générale détectablenotamment en cas d’infection locale, la sérologie est alors peucontributive. Celle-ci ne se développe qu’à partir de 8 à 10 jourset persiste longtemps (de quelques semaines à quelques années).Dans cette réponse humorale les IgM apparaissent et disparaissentsouvent plus précocément. Il faut toutefois noter que certainesinfections récentes peuvent ne pas s’accompagner de sécrétionsd’IgM et que celles-ci, par ailleurs, peuvent persister des années.Ainsi l’utilité d’un titrage d’IgM sur un sérum unique commeindicateur d’une infection récente doit être évaluée pour chaqueagent infectieux. Dans certaines pathologies infectieuses (FièvreQ, toxoplasmose...) un dosage des IgA peut avoir un intérêt. Dececi découle que souvent une séquence de prélèvements, espacésde quelques jours, permettra seule d’apprécier la cinétique desanticorps et donc d’affirmer le caractère récent de l’infection.Cette répétition des prélèvements va permettre d’objectiver uneséroconversion (premier sérum négatif, deuxième sérum positif)ou une élévation significative (x 4) du titre des anticorps. Lesprélèvements uniques permettront rarement un diagnostic et ainsicelui-ci surviendra dans la plupart des cas durant la convalescence.Cependant, les sérologies réalisées dans un but de dépistage nécessitent en général un seul prélèvement. La sérologie peut égalementêtre utilisée pour apprécier l’état d’immunité d’une populationet étudier la séroprévalence d’une maladie dans une région(séroépidémiologie) ou encore pour apprécier l’efficacité d’unevaccination par comparaison aux seuils protecteurs déterminéspréalablement pour chaque micro-organisme (diphtérie, tétanos,polio). La sérologie peut également, comme c’est le cas pour lesinfections persistantes à Coxiella burnetii (Million et al., 2010),permettre de suivre l’efficacité du traitement par appréciation del’évolution du titre d’anticorps.Techniques de sérologieLa sérologie se réalise de préférence sur sérum mais peut aussidans certains cas être réalisé sur plasma quand seul ce type deprélèvement est disponible. Il convient de prélever 5 à 10 ml desang veineux dans un tube sec (sans anticoagulant) afin d’éviterune interaction avec un anticoagulant. Le sérum est obtenu aprèscentrifugation. Un aliquot de chaque sérum testé doit être conservécongelé à -20 °C dans une sérothèque pendant 1 an minimum (arrêtédu 26 novembre 1999 relatif & la bonne exécution des analysesmédicales). Plus rarement, les anticorps peuvent être détectés dansd’autres liquides biologiques tels que le liquide céphalorachidien,humeur aqueuse… Le résultat d’une sérologie peut être qualitatifou semi-quantitatif, grâce à la détermination du titre d’anticorps,celui-ci étant défini comme l’inverse de la plus forte dilution desérum donnant encore une réaction positive.Certaines techniques sérologiques, les plus connues et lesplus anciennes, telles les agglutinations bactériennes classiques(Widal, Wright, Weil-Felix), ont du fait de leur grossièreté technique une valeur modeste liée à de nombreuses réactions croisées.La plupart des techniques développées actuellement utilisentune réaction immunologique de type « sandwich » révélant uneréaction entre un antigène et un anticorps antihumain marqué parune molécule fluorescente (immunofluorescence), radioactive(RIA) ou enzymatique (ELISA). Par ailleurs se développent destechniques d’agglutination de matériel inerte (latex) qui ont unevaleur théorique moindre mais une plus grande maniabilité et unerapidité incontestable (quelques minutes).
Title: SÉROLOGIE BACTÉRIENNE
Description:
La sérologie dans le cadre du diagnostic des maladies bactériennes infectieuses pose des problèmes d’interprétation quine peuvent être résolus que par une appréhension globale del’interprétation des tests biologiques dans un contexte clinicomicrobiologique précis.
La sérologie a, avant tout, un usageindiscuté et indispensable qui est celui du diagnostic (Raoult,1988).
Elle est particulièrement utile lorsque la culture de labactérie suspectée est lente ou difficile comme par exemplepour les bactéries intracellulaires (Coxiella burnetii, Rickettsiaspp.
, Chlamydia spp.
) ou encore Leptospira spp.
, Borrelia spp,Brucella spp… Elle présente également un intérêt lorsque labactérie a été décapitée par un traitement antibiotique préalableou encore lorsque le diagnostic nécessite des prélèvements tropinvasifs.
Il convient ici de rappeler que le paramètre évalué estle plus souvent la réponse immunologique humorale spécifiqueà un agent infectieux.
Contrairement aux virus, de nombreusesbactéries n’induisent pas de réponse humorale générale détectablenotamment en cas d’infection locale, la sérologie est alors peucontributive.
Celle-ci ne se développe qu’à partir de 8 à 10 jourset persiste longtemps (de quelques semaines à quelques années).
Dans cette réponse humorale les IgM apparaissent et disparaissentsouvent plus précocément.
Il faut toutefois noter que certainesinfections récentes peuvent ne pas s’accompagner de sécrétionsd’IgM et que celles-ci, par ailleurs, peuvent persister des années.
Ainsi l’utilité d’un titrage d’IgM sur un sérum unique commeindicateur d’une infection récente doit être évaluée pour chaqueagent infectieux.
Dans certaines pathologies infectieuses (FièvreQ, toxoplasmose.
) un dosage des IgA peut avoir un intérêt.
Dececi découle que souvent une séquence de prélèvements, espacésde quelques jours, permettra seule d’apprécier la cinétique desanticorps et donc d’affirmer le caractère récent de l’infection.
Cette répétition des prélèvements va permettre d’objectiver uneséroconversion (premier sérum négatif, deuxième sérum positif)ou une élévation significative (x 4) du titre des anticorps.
Lesprélèvements uniques permettront rarement un diagnostic et ainsicelui-ci surviendra dans la plupart des cas durant la convalescence.
Cependant, les sérologies réalisées dans un but de dépistage nécessitent en général un seul prélèvement.
La sérologie peut égalementêtre utilisée pour apprécier l’état d’immunité d’une populationet étudier la séroprévalence d’une maladie dans une région(séroépidémiologie) ou encore pour apprécier l’efficacité d’unevaccination par comparaison aux seuils protecteurs déterminéspréalablement pour chaque micro-organisme (diphtérie, tétanos,polio).
La sérologie peut également, comme c’est le cas pour lesinfections persistantes à Coxiella burnetii (Million et al.
, 2010),permettre de suivre l’efficacité du traitement par appréciation del’évolution du titre d’anticorps.
Techniques de sérologieLa sérologie se réalise de préférence sur sérum mais peut aussidans certains cas être réalisé sur plasma quand seul ce type deprélèvement est disponible.
Il convient de prélever 5 à 10 ml desang veineux dans un tube sec (sans anticoagulant) afin d’éviterune interaction avec un anticoagulant.
Le sérum est obtenu aprèscentrifugation.
Un aliquot de chaque sérum testé doit être conservécongelé à -20 °C dans une sérothèque pendant 1 an minimum (arrêtédu 26 novembre 1999 relatif & la bonne exécution des analysesmédicales).
Plus rarement, les anticorps peuvent être détectés dansd’autres liquides biologiques tels que le liquide céphalorachidien,humeur aqueuse… Le résultat d’une sérologie peut être qualitatifou semi-quantitatif, grâce à la détermination du titre d’anticorps,celui-ci étant défini comme l’inverse de la plus forte dilution desérum donnant encore une réaction positive.
Certaines techniques sérologiques, les plus connues et lesplus anciennes, telles les agglutinations bactériennes classiques(Widal, Wright, Weil-Felix), ont du fait de leur grossièreté technique une valeur modeste liée à de nombreuses réactions croisées.
La plupart des techniques développées actuellement utilisentune réaction immunologique de type « sandwich » révélant uneréaction entre un antigène et un anticorps antihumain marqué parune molécule fluorescente (immunofluorescence), radioactive(RIA) ou enzymatique (ELISA).
Par ailleurs se développent destechniques d’agglutination de matériel inerte (latex) qui ont unevaleur théorique moindre mais une plus grande maniabilité et unerapidité incontestable (quelques minutes).
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