Search engine for discovering works of Art, research articles, and books related to Art and Culture
ShareThis
Javascript must be enabled to continue!

Gayatri Chakravorty Spivak

View through CrossRef
Planétarité : travailler à imaginer l’internationalisme Auritro Majumder entend discuter trois concepts majeurs de la théorie culturelle de Gayatri Spivak : « planétarité », « imagination » et « figure de l’impossible » ; trois concepts issus, pour la part philosophique, du matérialisme hégélien de gauche, pour la part politique de l’internationalisme léniniste. Car on a négligé l’approche par Spivak de la problématique du socialisme au xx e siècle. Ainsi, Can the Subaltern Speak? (1988) n’est pas lu dans sa dimension « internationale de division du travail ». Il convient donc de relire les positions de Spivak à la lumière de ses travaux plus récents sur l’imagination esthétique. Dans Death of a Discipline , Spivak désigne la planétarité comme le meilleur du socialisme. Loin du régime bureaucratique marxiste, le travail est, par excellence, l’activité créatrice de l’humain. Afin de pouvoir lire à sa juste mesure l’œuvre de Spivak, il faut, refusant de se limiter à une théorie postcoloniale teintée de postmodernisme, replacer sa réception dans la longue trajectoire de l’histoire intellectuelle anticoloniale et lui reconnaître son poids politique. Donc s’appuyer sur l’expérience humaine pour élaborer une politique émancipatrice : il y va de la dignité et de l’autonomie. Gayatri Spivak, récuse le terme « globalisation » qui signifie l’expansion de l’aliénation capitaliste et qui demeure une forme d’impérialisme en maintenant un rapport structurel métropole/périphérie, autrement dit une vision mondiale aliénée et aliénante. Au contraire de la globalisation, mais aussi du postmodernisme de Jean-François Lyotard, la planétarité de Spivak est un concept vital affirmant antithèse et négation de l’aliénation produite par le capital. La planétarité fait fond sur la capacité de penser négativement, c’est-à-dire de mettre en œuvre la négativité créative de la dialectique ; de penser l’« expérience de l’impossible » qui travaille l’imaginaire ; car c’est grâce à l’imagination que le sujet humain fait l’expérience, objectivement et historiquement, de sensations du non-connaissable et du non-présent. En somme, l’imagination humaine est le siège d’un travail créateur pour Spivak et la négativité dialectique permet d’ouvrir à une vision phénoménologique du monde – à l’opposé du savoir scientifique positiviste où science et capital sont inséparables. Dans la dernière partie de son intervention, Majumder critique la condition des universités aujourd’hui : il note la pression exercée sur ces institutions pour que les humanités s’alignent sur les sciences, et comment ce « nouveau scientisme » conduit à une dégradation de l’humain : il n’y a plus de place pour les gestes humains. Penser la dimension Planète avec Spivak permet de penser la dialectique de l’imagination humaine de l’impossible, ainsi qu’une interaction humain-nature. La planétarité est voie vitale, elle prend acte de ce que l’humain et l’histoire naturelle sont inséparables ; elle dénonce le rapport structurel colonie/périphérie qui règle l’exploitation des ressources naturelles ainsi que la prospérité du capitalisme-impérialiste ; elle présente une alternative à l’anti-historicité et à la misanthropie du posthumanisme. Spivak invoque deux figures de la résistance née des cultures précapitalistes : José Marti en Amérique latine dont l’héritage est clairement léniniste, et qui a fait la voie, entre autres, à Che Guevara et à Pablo Neruda ; et W. E. B. Du Bois, auteur des Racines africaines de la guerre (1915), un an avant Impérialisme de Lénine. À la déshumanisation du global s’oppose la planétarité matérialiste des formes humaines d’un imaginaire du monde. L’incarnation dans la vie quotidienne d’un « changer le monde ».
Title: Gayatri Chakravorty Spivak
Description:
Planétarité : travailler à imaginer l’internationalisme Auritro Majumder entend discuter trois concepts majeurs de la théorie culturelle de Gayatri Spivak : « planétarité », « imagination » et « figure de l’impossible » ; trois concepts issus, pour la part philosophique, du matérialisme hégélien de gauche, pour la part politique de l’internationalisme léniniste.
Car on a négligé l’approche par Spivak de la problématique du socialisme au xx e siècle.
Ainsi, Can the Subaltern Speak? (1988) n’est pas lu dans sa dimension « internationale de division du travail ».
Il convient donc de relire les positions de Spivak à la lumière de ses travaux plus récents sur l’imagination esthétique.
Dans Death of a Discipline , Spivak désigne la planétarité comme le meilleur du socialisme.
Loin du régime bureaucratique marxiste, le travail est, par excellence, l’activité créatrice de l’humain.
Afin de pouvoir lire à sa juste mesure l’œuvre de Spivak, il faut, refusant de se limiter à une théorie postcoloniale teintée de postmodernisme, replacer sa réception dans la longue trajectoire de l’histoire intellectuelle anticoloniale et lui reconnaître son poids politique.
Donc s’appuyer sur l’expérience humaine pour élaborer une politique émancipatrice : il y va de la dignité et de l’autonomie.
Gayatri Spivak, récuse le terme « globalisation » qui signifie l’expansion de l’aliénation capitaliste et qui demeure une forme d’impérialisme en maintenant un rapport structurel métropole/périphérie, autrement dit une vision mondiale aliénée et aliénante.
Au contraire de la globalisation, mais aussi du postmodernisme de Jean-François Lyotard, la planétarité de Spivak est un concept vital affirmant antithèse et négation de l’aliénation produite par le capital.
La planétarité fait fond sur la capacité de penser négativement, c’est-à-dire de mettre en œuvre la négativité créative de la dialectique ; de penser l’« expérience de l’impossible » qui travaille l’imaginaire ; car c’est grâce à l’imagination que le sujet humain fait l’expérience, objectivement et historiquement, de sensations du non-connaissable et du non-présent.
En somme, l’imagination humaine est le siège d’un travail créateur pour Spivak et la négativité dialectique permet d’ouvrir à une vision phénoménologique du monde – à l’opposé du savoir scientifique positiviste où science et capital sont inséparables.
Dans la dernière partie de son intervention, Majumder critique la condition des universités aujourd’hui : il note la pression exercée sur ces institutions pour que les humanités s’alignent sur les sciences, et comment ce « nouveau scientisme » conduit à une dégradation de l’humain : il n’y a plus de place pour les gestes humains.
Penser la dimension Planète avec Spivak permet de penser la dialectique de l’imagination humaine de l’impossible, ainsi qu’une interaction humain-nature.
La planétarité est voie vitale, elle prend acte de ce que l’humain et l’histoire naturelle sont inséparables ; elle dénonce le rapport structurel colonie/périphérie qui règle l’exploitation des ressources naturelles ainsi que la prospérité du capitalisme-impérialiste ; elle présente une alternative à l’anti-historicité et à la misanthropie du posthumanisme.
Spivak invoque deux figures de la résistance née des cultures précapitalistes : José Marti en Amérique latine dont l’héritage est clairement léniniste, et qui a fait la voie, entre autres, à Che Guevara et à Pablo Neruda ; et W.
E.
B.
Du Bois, auteur des Racines africaines de la guerre (1915), un an avant Impérialisme de Lénine.
À la déshumanisation du global s’oppose la planétarité matérialiste des formes humaines d’un imaginaire du monde.
L’incarnation dans la vie quotidienne d’un « changer le monde ».

Related Results

Gayatri Chakravorty Spivak
Gayatri Chakravorty Spivak
Spivak en Afrique : « toujours agir en voisins » Fidèle à ses principes, Gayatri Spivak présente son travail en Afrique sous la forme d’un dialogue avec ses partenaires africains a...
Gayatri Chakravorty Spivak
Gayatri Chakravorty Spivak
Rendre compte de mon travail Gayatri Spivak reprenant les questions soulevées par Etienne Balibar, souligne que la subalternité n’est pas un concept généralisable sans condition, q...
Gayatri Chakravorty Spivak
Gayatri Chakravorty Spivak
Le concept de « worlding » chez Spivak. Dé-crire, Ré-inscrire, Re-monder Cet essai propose une exégèse du concept de worlding tel qu’emprunté à Martin Heidegger et transformé par G...
Gayatri Chakravorty Spivak
Gayatri Chakravorty Spivak
Sortir de la subjectivité et de l’agentivité : capital, politiques identitaires et le « corps épistémique genré » chez Spivak Ritu Birla entend présenter la dynamique de pensée de ...
En una palabra. <i>Entrevista</i>. Gayatri Chakravorty Spivak con Ellen Rooney
En una palabra. <i>Entrevista</i>. Gayatri Chakravorty Spivak con Ellen Rooney
In this interview, Gayatri Chakravorty Spivak revisits the debate between essentialism and anti-essentialism by reconsidering various theoretical frameworks she has engaged with ov...
24. Gayatri Chakravorty Spivak
24. Gayatri Chakravorty Spivak
This chapter examines the works of Gayatri Chakravorty Spivak, who is known for her contribution to postcolonial studies, revolving around gender justice, human rights, and democra...
Marlowe's Voyage Of Liberation: A Post-Colonial Perspective On Heart Of Darkness
Marlowe's Voyage Of Liberation: A Post-Colonial Perspective On Heart Of Darkness
This research paper delves into the novel "The Heart of Darkness" by Joseph Conrad, examining it through a post-colonial lens to explore the themes of liberation and the impact of ...
Death of a Discipline
Death of a Discipline
In 2003, Gayatri Chakravorty Spivak published Death of a Discipline, an exhortation to create “an inclusive comparative literature,” one that “takes the languages of the Southern H...

Back to Top