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Gayatri Chakravorty Spivak

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Spivak en Afrique : « toujours agir en voisins » Fidèle à ses principes, Gayatri Spivak présente son travail en Afrique sous la forme d’un dialogue avec ses partenaires africains afin qu’ils exposent et évaluent dans leurs propres mots cette collaboration. Elle souligne la réciprocité des apprentissages : il s’agit de toujours « agir en voisins » côte à côte, de façon égale et solidaire. Elle prend soin d’introduire ses interlocuteurs du moment, Oluwaseun Akinfenwa qui enseigne à Kwara State University au Nigéria après une formation en anthropologie culturelle à Southern Illinois University, et Joseph Oduro-Frimpong, enseignant à Ashesi University au Ghana, et de situer leur collaboration dans le réseau des synergies qui opèrent depuis 6 ou 7 ans : il y a les collègues ghanéens, tels Aloysius Denkabe qui travaille l’interface monde rural/monde urbain et s’efforce de repenser les récits et les techniques de l’interview dans de nombreux domaines, et Helen Yitah, enseignante au département d’anglais de Ghana-Legon University, tous deux intervenants à Paris ; Wanjiru Gichuhi, professeur au département des Development Studies , University of Nairobi qui participa, à l’invitation de Gayatri, au Congrès d’Arusha en Tanzanie organisé en 2012 par Global Development Network sous l’égide de la World Bank ; il y a Gayatri elle-même, qui œuvre en lien avec Simon Gikandi (University of Michigan) ou l’écrivain Kenyan Ngugi wa Thiong’o, et qui séjourne à Accra où elle étudie les archives de W. E. B. Du Bois, réfugié en 1961 à l’invitation du premier président du Ghana indépendant Kwame Nkrumah. Sans oublier le Center for the Study of Social Difference à Columbia University New York, soutien des partenaires africains, qui présente en ligne une série de w orkshops vidéo. C’est dire qu’il y va d’une approche internationale pour le développement de l’Afrique. Les entretiens de Gayatri Spivak avec Joseph Oduro-Frimpong et Oluwaseun Akinfenwa, tracent les directions fondamentales et fondatrices de leur action commune. Il s’agit de ne pas se limiter à la théorisation et de mettre l’accent sur le travail de terrain, c’est-à-dire se donner les moyens d’apprendre de ceux d’en bas en pratiquant la mobilité sociale. Il importe par suite de donner aux subalternes la possibilité de procéder logiquement, afin de créer les conditions d’une parole en langues autochtones et d’un retournement de situation selon lequel les subalternes enseignent aux enseignants. Cela exige de redéfinir les voies de la connaissance : de ne pas camper sur ses privilèges universitaires et d’impliquer les communautés de subalternes dans les décisions et les processus. En pratique, le travail des membres du collectif d’encadrement, dans lequel Gayatri assume le rôle d’animateur-facilitateur, alterne les visites aux diverses communautés africaines dont ils sauvent les langues de la mort, et les sessions de réflexion à New York où analyses critiques et bilans tirent des leçons pour le retour à l’action de terrain. La préservation des langues maternelles est primordiale : non seulement celles-ci structurent des modes de vie singuliers mais cette alternative linguistique porte l’exigeante volonté de recherche et développement en Afrique. Frimpong, pour sa part, souligne que l’approche des communautés n’est pas verticale, elle ne patronne pas les Africains : elle est organique, sans préjugés, respectueuse de l’environnement, humble dans la connaissance. Apprendre de l’autre, c’est aussi vivre à ses côtés. C’est être à son tour « développé ». Gayatri met en garde : le subalterne n’est pas une vision romantique des personnes, c’est une position qu’on travaille par un apprentissage sans fin. Obsédée, comme le furent Derrida ou Bimal Krishna Matilal, par la volonté de faire quelque chose, avant même toute raison de faire, Gayatri Spivak sait que changer le monde est un travail de longue haleine : c’est « la poésie du futur ». Continuant par ses engagements à payer la dette ancestrale de sa caste Hindou, Gayatri se joint à l’appel pour que s’accomplisse cette aspiration : « Libres Enfin ! »
Title: Gayatri Chakravorty Spivak
Description:
Spivak en Afrique : « toujours agir en voisins » Fidèle à ses principes, Gayatri Spivak présente son travail en Afrique sous la forme d’un dialogue avec ses partenaires africains afin qu’ils exposent et évaluent dans leurs propres mots cette collaboration.
Elle souligne la réciprocité des apprentissages : il s’agit de toujours « agir en voisins » côte à côte, de façon égale et solidaire.
Elle prend soin d’introduire ses interlocuteurs du moment, Oluwaseun Akinfenwa qui enseigne à Kwara State University au Nigéria après une formation en anthropologie culturelle à Southern Illinois University, et Joseph Oduro-Frimpong, enseignant à Ashesi University au Ghana, et de situer leur collaboration dans le réseau des synergies qui opèrent depuis 6 ou 7 ans : il y a les collègues ghanéens, tels Aloysius Denkabe qui travaille l’interface monde rural/monde urbain et s’efforce de repenser les récits et les techniques de l’interview dans de nombreux domaines, et Helen Yitah, enseignante au département d’anglais de Ghana-Legon University, tous deux intervenants à Paris ; Wanjiru Gichuhi, professeur au département des Development Studies , University of Nairobi qui participa, à l’invitation de Gayatri, au Congrès d’Arusha en Tanzanie organisé en 2012 par Global Development Network sous l’égide de la World Bank ; il y a Gayatri elle-même, qui œuvre en lien avec Simon Gikandi (University of Michigan) ou l’écrivain Kenyan Ngugi wa Thiong’o, et qui séjourne à Accra où elle étudie les archives de W.
E.
B.
Du Bois, réfugié en 1961 à l’invitation du premier président du Ghana indépendant Kwame Nkrumah.
Sans oublier le Center for the Study of Social Difference à Columbia University New York, soutien des partenaires africains, qui présente en ligne une série de w orkshops vidéo.
C’est dire qu’il y va d’une approche internationale pour le développement de l’Afrique.
Les entretiens de Gayatri Spivak avec Joseph Oduro-Frimpong et Oluwaseun Akinfenwa, tracent les directions fondamentales et fondatrices de leur action commune.
Il s’agit de ne pas se limiter à la théorisation et de mettre l’accent sur le travail de terrain, c’est-à-dire se donner les moyens d’apprendre de ceux d’en bas en pratiquant la mobilité sociale.
Il importe par suite de donner aux subalternes la possibilité de procéder logiquement, afin de créer les conditions d’une parole en langues autochtones et d’un retournement de situation selon lequel les subalternes enseignent aux enseignants.
Cela exige de redéfinir les voies de la connaissance : de ne pas camper sur ses privilèges universitaires et d’impliquer les communautés de subalternes dans les décisions et les processus.
En pratique, le travail des membres du collectif d’encadrement, dans lequel Gayatri assume le rôle d’animateur-facilitateur, alterne les visites aux diverses communautés africaines dont ils sauvent les langues de la mort, et les sessions de réflexion à New York où analyses critiques et bilans tirent des leçons pour le retour à l’action de terrain.
La préservation des langues maternelles est primordiale : non seulement celles-ci structurent des modes de vie singuliers mais cette alternative linguistique porte l’exigeante volonté de recherche et développement en Afrique.
Frimpong, pour sa part, souligne que l’approche des communautés n’est pas verticale, elle ne patronne pas les Africains : elle est organique, sans préjugés, respectueuse de l’environnement, humble dans la connaissance.
Apprendre de l’autre, c’est aussi vivre à ses côtés.
C’est être à son tour « développé ».
Gayatri met en garde : le subalterne n’est pas une vision romantique des personnes, c’est une position qu’on travaille par un apprentissage sans fin.
Obsédée, comme le furent Derrida ou Bimal Krishna Matilal, par la volonté de faire quelque chose, avant même toute raison de faire, Gayatri Spivak sait que changer le monde est un travail de longue haleine : c’est « la poésie du futur ».
Continuant par ses engagements à payer la dette ancestrale de sa caste Hindou, Gayatri se joint à l’appel pour que s’accomplisse cette aspiration : « Libres Enfin ! ».

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