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Vivre à Gravelines : espaces, pouvoirs, société. 1880-1980.

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Gravelines est une commune moyenne située sur le littoral entre Dunkerque et Calais. Elle se compose d'un bourg fortifié (Gravelines-centre) et de deux hameaux (Petit-Fort-Philippe et les Huttes). Longtemps son économie reposa sur l'agriculture, la pêche et le négoce. Mais de la Belle Époque aux Années Folles se développe une industrialisation liée aux fonctions portuaires. Terre de confluences, c'est la commune aux trois clochers, aux deux patois, issus du flamand et du picard, aux trois genres de vie, la terre, la mer et la fabrique. Antagonismes entre les bourgs et contrastes des pratiques sociales en résultent : à la sociabilité «bourgeoise» du centre-ville s'oppose celle «populaire» des hameaux créée des contraintes de la pêche et de l'agriculture et que caractérisent pratique d'entr'aide et relations de parenté. Contrastes et antagonismes que perpétuent les représentations collectives insensibles aux ruptures politiques (victoire du radicalisme dès 1905, du socialisme en 1947) et aux mutations sociales (la population ouvrière représente près de la moitié de la population dès 1936). C'est à partir des Années 60 que les équilibres apparents sont bouleversés. Deux phases se succèdent : celle de la croissance marquée par l'industrialisation du littoral (complexe sidérurgique Usinor, extension de l'avant-port ouest), celle plus brutale des Années 75 qu'entraîne l'implantation de la centrale et des cités E.D.F. En trente ans, la ville a plus changé qu'en un siècle et en cinq ans plus que dans les trente années précédentes. Changements de tous ordres : démographique, spatial, socioculturel. Disparition des activités traditionnelles, urbanisation rapide en noyant les bourgs anciens, transformation des structures sociales, banalisation des genres de vie, autant de secousses qui ébranlèrent les anciennes cohésions. L'article montre comment le pouvoir municipal, grâce à sa permanence a su contrôler l'évolution, intégrer une immigration importante par sa politique du logement, susciter de nouvelles pratiques associatives qui harmonisaient les contrastes culturels, éviter que l'insertion de Gravelines dans l'espace dunkerquois ne transforme celle-ci en ville-dortoir. Mais autant que l'institution municipale, la persistance des pratiques communautaires, le rôle de la famille, la place centrale de la femme dans les réseaux informels de sociabilité ont joué le rôle d'amortisseur du changement (cf. l'analyse du sondage). Cependant, depuis 1975, l'installation à Gravelines d'une population E.D.F. d'un statut et d'un niveau culturel supérieurs à ceux de la moyenne gravelinoise, pose un nouveau défi. A la différence des anciens migrants, les agents de la centrale ne sont pas issus de la région, leur installation est passagère, ils sont venus là uniquement pour des raisons de carrière et de promotion. Leur sociabilité est inverse de celle des autochtones : elle repose sur les relations de travail, elle allie une pratique associative forte à des relations de parenté réduites au foyer nucléaire. «Réalités enchevêtrées» qui se retrouvent au niveau des discours. Si, en général, le changement est perçu globalement comme positif, les transformations de la sociabilité suscitent en revanche plus de critiques. Mais le contour de celles-ci diffère selon l'âge, le sexe, l'origine et le quartier, bien plus que selon l'appartenance. Au moment où l'enquête s'achève, l'effet E.D.F. n'est pas encore digéré. Pariant sur l'avenir, la municipalité mise sur l'intégration des générations montantes et la stabilisation de la population E.D.F. Par une remise en valeur du patrimoine architectural et un effort culturel accru, elle espère faire de Gravelines un centre régional de loisirs et répondre aux besoins des nouveaux habitants.
Title: Vivre à Gravelines : espaces, pouvoirs, société. 1880-1980.
Description:
Gravelines est une commune moyenne située sur le littoral entre Dunkerque et Calais.
Elle se compose d'un bourg fortifié (Gravelines-centre) et de deux hameaux (Petit-Fort-Philippe et les Huttes).
Longtemps son économie reposa sur l'agriculture, la pêche et le négoce.
Mais de la Belle Époque aux Années Folles se développe une industrialisation liée aux fonctions portuaires.
Terre de confluences, c'est la commune aux trois clochers, aux deux patois, issus du flamand et du picard, aux trois genres de vie, la terre, la mer et la fabrique.
Antagonismes entre les bourgs et contrastes des pratiques sociales en résultent : à la sociabilité «bourgeoise» du centre-ville s'oppose celle «populaire» des hameaux créée des contraintes de la pêche et de l'agriculture et que caractérisent pratique d'entr'aide et relations de parenté.
Contrastes et antagonismes que perpétuent les représentations collectives insensibles aux ruptures politiques (victoire du radicalisme dès 1905, du socialisme en 1947) et aux mutations sociales (la population ouvrière représente près de la moitié de la population dès 1936).
C'est à partir des Années 60 que les équilibres apparents sont bouleversés.
Deux phases se succèdent : celle de la croissance marquée par l'industrialisation du littoral (complexe sidérurgique Usinor, extension de l'avant-port ouest), celle plus brutale des Années 75 qu'entraîne l'implantation de la centrale et des cités E.
D.
F.
En trente ans, la ville a plus changé qu'en un siècle et en cinq ans plus que dans les trente années précédentes.
Changements de tous ordres : démographique, spatial, socioculturel.
Disparition des activités traditionnelles, urbanisation rapide en noyant les bourgs anciens, transformation des structures sociales, banalisation des genres de vie, autant de secousses qui ébranlèrent les anciennes cohésions.
L'article montre comment le pouvoir municipal, grâce à sa permanence a su contrôler l'évolution, intégrer une immigration importante par sa politique du logement, susciter de nouvelles pratiques associatives qui harmonisaient les contrastes culturels, éviter que l'insertion de Gravelines dans l'espace dunkerquois ne transforme celle-ci en ville-dortoir.
Mais autant que l'institution municipale, la persistance des pratiques communautaires, le rôle de la famille, la place centrale de la femme dans les réseaux informels de sociabilité ont joué le rôle d'amortisseur du changement (cf.
l'analyse du sondage).
Cependant, depuis 1975, l'installation à Gravelines d'une population E.
D.
F.
d'un statut et d'un niveau culturel supérieurs à ceux de la moyenne gravelinoise, pose un nouveau défi.
A la différence des anciens migrants, les agents de la centrale ne sont pas issus de la région, leur installation est passagère, ils sont venus là uniquement pour des raisons de carrière et de promotion.
Leur sociabilité est inverse de celle des autochtones : elle repose sur les relations de travail, elle allie une pratique associative forte à des relations de parenté réduites au foyer nucléaire.
«Réalités enchevêtrées» qui se retrouvent au niveau des discours.
Si, en général, le changement est perçu globalement comme positif, les transformations de la sociabilité suscitent en revanche plus de critiques.
Mais le contour de celles-ci diffère selon l'âge, le sexe, l'origine et le quartier, bien plus que selon l'appartenance.
Au moment où l'enquête s'achève, l'effet E.
D.
F.
n'est pas encore digéré.
Pariant sur l'avenir, la municipalité mise sur l'intégration des générations montantes et la stabilisation de la population E.
D.
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Par une remise en valeur du patrimoine architectural et un effort culturel accru, elle espère faire de Gravelines un centre régional de loisirs et répondre aux besoins des nouveaux habitants.

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