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La mortalité différentielle suivant le milieu social — Présentation d'une méthode expérimentée en France sur la période 1955-1960

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L'intérêt de rassembler des informations précises sur la mortalité des sous-populations particulières, définies notamment par le milieu social, ne procède pas seulement d'une curiosité d'ordre sociologique. Elles peuvent en effet être utilisées pour orienter la lutte des services médicaux et sociaux contre la mortalité. Elles ont des applications également dans le domaine des prévisions de population, en servant de support aux hypothèses faites sur la décroissance de la mortalité : les niveaux qu'on observe dans les milieux sociaux les plus favorisés aident à l'évaluation des seuils qu'on peut espérer atteindre dans les années futures, compte tenu de l'état actuel de la science médicale et de son application par l'appareil médico-social. En dépit de cet intérêt considérable, les données sur la mortalité différentielle sont rares, car difficiles à établir avec précision. La présente étude est consacrée à la description d'une méthode de mesure expérimentée en France sur la période 1954-1960 et à la présentation des premiers résultats. Après une introduction montrant les difficultés de la mesure de la mortalité différentielle, l'article est divisé en quatre parties : — la première décrit et compare les deux méthodes qui permettent d'effectuer des mesures précises : l'une mise en œuvre aux États-Unis, l'autre en France dans le travail qui fait l'objet de cet article ; — la seconde partie concerne la présentation détaillée des opérations exécutées dans l'enquête réalisée en France : tirage d'un échantillon de 500.000 hommes dans les fichiers mécanographiques du recensement de la population de mai 1954 et constatation de leur décès éventuel au cours de la période 1955-1960 ; — dans la troisième partie, on envisage la méthode d'analyse des résultats s schéma probabiliste du phénomène mortalité, modèle de régression à deux paramètres, estimation des paramètres, comparaison et homogénéité de ces paramètres suivant la catégorie socio-professionnelle ; — la troisième partie étant plus spécialement destinée aux praticiens de la statistique ou de la démographie, le lecteur peut passer directement à la quatrième, consacrée à la présentation des premiers résultats : mesure de la mortalité de chacune des seize catégories socio-professionnelles étudiées et éclatement des quotients de mortalité suivant la cause de décès. On trouvera en annexe les données numériques relatives aux catégories socio-professionnelles étudiées : données de base, quotients bruts et ajustés par année d'âge entre 35 et 70 ans, courbes de survie brutes et ajustées, quotients à 36-45 ans et 46-55 ans suivant la cause de décès. Enfin, une série de graphiques illustrent les résultats obtenus. Des exploitations mécanographiques sont actuellement en cours qui permettront de compléter la présente étude : mortalité différentielle suivant la région, la catégorie de commune (rurale ou urbaine), la possession d'un diplôme... Les résultats feront l'objet de comptes rendus ultérieurs. Par ailleurs, les échantillons, utilisés pour cette première recherche couvrant la période 1955-1960, seront régulièrement suivis au cours des années futures et permettront des études longitudinales, c'est-à-dire concernant la mortalité des mêmes groupes d'individus (définis par leur génération et leur milieu social en 1954) à travers le temps. Les premiers résultats confirment — en les précisant — les très grandes différences qui séparent les divers milieux socio-professionnels. L'écart entre les catégories extrêmes, les instituteurs et les manœuvres, est considérable dans tout l'intervalle d'âge étudié mais se réduit cependant avec l'âge : à 35 ans, les seconds meurent 3,5 fois plus que les premiers, à 70 ans, 1,8 fois plus ; un manœuvre de 35 ans encourt le même risque de mortalité qu'un instituteur de 47 ans. Les différents niveaux de mortalité sont illustrés en particulier dans le graphique n° XIII, page 115. L'éclatement des quotients de mortalité suivant la cause de décès éclaire les différences globales observées : si certaines affections touchent à peu près également toutes les catégories sociales (tumeurs malignes, lésions vasculaires cérébrales, coronarites et autres affections cardiaques), d'autres au contraire, frappent plus spécifiquement certains milieux (tuberculose, alcoolisme, accidents, suicides). Ainsi, les quotients de mortalité par alcoolisme passent, à 36-45 ans, de 0,1 pour 10.000 chez les cadres moyens du secteur privé à 4,3 pour 10.000 chez les manœuvres. A 46-55 ans, les extrêmes correspondant aux mêmes catégories sont 0,8 et 8,4 respectivement (graphiques noa XVI et XVII). L'importance de l'alcoolisme est encore accrue par la forte corrélation que présentent avec lui d'autres causes de décès (graphiques n° XVIII à XXIII).
Title: La mortalité différentielle suivant le milieu social — Présentation d'une méthode expérimentée en France sur la période 1955-1960
Description:
L'intérêt de rassembler des informations précises sur la mortalité des sous-populations particulières, définies notamment par le milieu social, ne procède pas seulement d'une curiosité d'ordre sociologique.
Elles peuvent en effet être utilisées pour orienter la lutte des services médicaux et sociaux contre la mortalité.
Elles ont des applications également dans le domaine des prévisions de population, en servant de support aux hypothèses faites sur la décroissance de la mortalité : les niveaux qu'on observe dans les milieux sociaux les plus favorisés aident à l'évaluation des seuils qu'on peut espérer atteindre dans les années futures, compte tenu de l'état actuel de la science médicale et de son application par l'appareil médico-social.
En dépit de cet intérêt considérable, les données sur la mortalité différentielle sont rares, car difficiles à établir avec précision.
La présente étude est consacrée à la description d'une méthode de mesure expérimentée en France sur la période 1954-1960 et à la présentation des premiers résultats.
Après une introduction montrant les difficultés de la mesure de la mortalité différentielle, l'article est divisé en quatre parties : — la première décrit et compare les deux méthodes qui permettent d'effectuer des mesures précises : l'une mise en œuvre aux États-Unis, l'autre en France dans le travail qui fait l'objet de cet article ; — la seconde partie concerne la présentation détaillée des opérations exécutées dans l'enquête réalisée en France : tirage d'un échantillon de 500.
000 hommes dans les fichiers mécanographiques du recensement de la population de mai 1954 et constatation de leur décès éventuel au cours de la période 1955-1960 ; — dans la troisième partie, on envisage la méthode d'analyse des résultats s schéma probabiliste du phénomène mortalité, modèle de régression à deux paramètres, estimation des paramètres, comparaison et homogénéité de ces paramètres suivant la catégorie socio-professionnelle ; — la troisième partie étant plus spécialement destinée aux praticiens de la statistique ou de la démographie, le lecteur peut passer directement à la quatrième, consacrée à la présentation des premiers résultats : mesure de la mortalité de chacune des seize catégories socio-professionnelles étudiées et éclatement des quotients de mortalité suivant la cause de décès.
On trouvera en annexe les données numériques relatives aux catégories socio-professionnelles étudiées : données de base, quotients bruts et ajustés par année d'âge entre 35 et 70 ans, courbes de survie brutes et ajustées, quotients à 36-45 ans et 46-55 ans suivant la cause de décès.
Enfin, une série de graphiques illustrent les résultats obtenus.
Des exploitations mécanographiques sont actuellement en cours qui permettront de compléter la présente étude : mortalité différentielle suivant la région, la catégorie de commune (rurale ou urbaine), la possession d'un diplôme.
Les résultats feront l'objet de comptes rendus ultérieurs.
Par ailleurs, les échantillons, utilisés pour cette première recherche couvrant la période 1955-1960, seront régulièrement suivis au cours des années futures et permettront des études longitudinales, c'est-à-dire concernant la mortalité des mêmes groupes d'individus (définis par leur génération et leur milieu social en 1954) à travers le temps.
Les premiers résultats confirment — en les précisant — les très grandes différences qui séparent les divers milieux socio-professionnels.
L'écart entre les catégories extrêmes, les instituteurs et les manœuvres, est considérable dans tout l'intervalle d'âge étudié mais se réduit cependant avec l'âge : à 35 ans, les seconds meurent 3,5 fois plus que les premiers, à 70 ans, 1,8 fois plus ; un manœuvre de 35 ans encourt le même risque de mortalité qu'un instituteur de 47 ans.
Les différents niveaux de mortalité sont illustrés en particulier dans le graphique n° XIII, page 115.
L'éclatement des quotients de mortalité suivant la cause de décès éclaire les différences globales observées : si certaines affections touchent à peu près également toutes les catégories sociales (tumeurs malignes, lésions vasculaires cérébrales, coronarites et autres affections cardiaques), d'autres au contraire, frappent plus spécifiquement certains milieux (tuberculose, alcoolisme, accidents, suicides).
Ainsi, les quotients de mortalité par alcoolisme passent, à 36-45 ans, de 0,1 pour 10.
000 chez les cadres moyens du secteur privé à 4,3 pour 10.
000 chez les manœuvres.
A 46-55 ans, les extrêmes correspondant aux mêmes catégories sont 0,8 et 8,4 respectivement (graphiques noa XVI et XVII).
L'importance de l'alcoolisme est encore accrue par la forte corrélation que présentent avec lui d'autres causes de décès (graphiques n° XVIII à XXIII).

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