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Écrits d'Amazonie

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Le premier essai systématique de comparaison des thèmes de la mythologie et du folklore sud-américains fut l’œuvre de Paul Ehrenreich en 1905. Depuis lors, un matériel abondant a été collecté : il est donc devenu impératif d’entreprendre de nouvelles études comparatives. Cet article traite de certains mythes d’origine qui jouent un rôle important au sein des traditions orales sud-américaines. L’origine de l’humanité est expliquée de deux façons distinctes : soit les premiers hommes furent créés par un dieu ou un Héros culturel, soit ils provenaient d’une région souterraine ou céleste. Les mythes de création relatent la manière dont le dieu ou le Héros culturel fit le premier homme d’argile, de cire, de bois ou de pierre, souvent après plusieurs échecs. Le thème des humanités imparfaites successives précédant notre propre race offre des parallèles sudaméricains surprenants au motif centre-américain des divers âges antérieurs à notre temps. Les premiers hommes sont souvent décrits comme les habitants d’un monde inférieur ou les habitants de grottes venus vivre sur la terre à la recherche de gibier ou de fruits. Les motifs de la création et de l’émergence existaient au Pérou et furent conjugués par les prêtres en un seul mythe ( Viracocha * crée les hommes et les envoie dans leurs pays respectifs par des chemins souterrains, pour qu’ils puissent émerger à la surface depuis des grottes ou des lacs). Dans certaines mythologies, les femmes sont censées avoir été créées séparément des hommes (tribus du Chaco, Wapishiana, etc.). L’histoire des œufs mythiques desquels éclosent les premiers hommes est connue sur la côte du Pérou et parmi les Indiens Mbayá du Chaco. L’origine de l’agriculture : les premières plantes furent données aux humains par le Héros culturel ou un animal serviable. Dans certains cas, elles sont volées à un propriétaire avare. Un thème plus intéressant est celui qui associe les plantes alimentaires au corps d’un Héros culturel ou d’un être mystérieux. Le Héros remet les plantes chaque fois qu’il est frappé ou les plantes croissent des organes de son corps après qu’il ou elle a été tué ou enterré. Le concept de mort naturelle semble avoir été étranger à la plupart des tribus sud-américaines : la sorcellerie est tenue pour responsable des décès et de tous les malheurs qui affectent les humains. Les Indiens Shipaya affirment que la durée de la vie d’un homme est proportionnelle à sa connaissance magique qui lui permet de contrecarrer les complots des ennemis visibles ou invisibles. Les démons et les esprits sont immortels grâce à leur maîtrise supérieure des arts magiques. La mythologie attribue l’introduction de la mort au Héros culturel (les frères mythiques des traditions ona et yaghan) ou à une erreur commise par les premiers humains (Shipaya). Le thème du message de l’immortalité incompris par les humains mais pas par divers animaux (serpents, insectes) qui changent de peau et ne meurent jamais semble être d’origine africaine. On le trouve essentiellement parmi les tribus amazoniennes qui ont probablement été influencées par les Noirs (Cashinawa, Tamanako, Métis du Solimões*, etc.)
Title: Écrits d'Amazonie
Description:
Le premier essai systématique de comparaison des thèmes de la mythologie et du folklore sud-américains fut l’œuvre de Paul Ehrenreich en 1905.
Depuis lors, un matériel abondant a été collecté : il est donc devenu impératif d’entreprendre de nouvelles études comparatives.
Cet article traite de certains mythes d’origine qui jouent un rôle important au sein des traditions orales sud-américaines.
L’origine de l’humanité est expliquée de deux façons distinctes : soit les premiers hommes furent créés par un dieu ou un Héros culturel, soit ils provenaient d’une région souterraine ou céleste.
Les mythes de création relatent la manière dont le dieu ou le Héros culturel fit le premier homme d’argile, de cire, de bois ou de pierre, souvent après plusieurs échecs.
Le thème des humanités imparfaites successives précédant notre propre race offre des parallèles sudaméricains surprenants au motif centre-américain des divers âges antérieurs à notre temps.
Les premiers hommes sont souvent décrits comme les habitants d’un monde inférieur ou les habitants de grottes venus vivre sur la terre à la recherche de gibier ou de fruits.
Les motifs de la création et de l’émergence existaient au Pérou et furent conjugués par les prêtres en un seul mythe ( Viracocha * crée les hommes et les envoie dans leurs pays respectifs par des chemins souterrains, pour qu’ils puissent émerger à la surface depuis des grottes ou des lacs).
Dans certaines mythologies, les femmes sont censées avoir été créées séparément des hommes (tribus du Chaco, Wapishiana, etc.
).
L’histoire des œufs mythiques desquels éclosent les premiers hommes est connue sur la côte du Pérou et parmi les Indiens Mbayá du Chaco.
L’origine de l’agriculture : les premières plantes furent données aux humains par le Héros culturel ou un animal serviable.
Dans certains cas, elles sont volées à un propriétaire avare.
Un thème plus intéressant est celui qui associe les plantes alimentaires au corps d’un Héros culturel ou d’un être mystérieux.
Le Héros remet les plantes chaque fois qu’il est frappé ou les plantes croissent des organes de son corps après qu’il ou elle a été tué ou enterré.
Le concept de mort naturelle semble avoir été étranger à la plupart des tribus sud-américaines : la sorcellerie est tenue pour responsable des décès et de tous les malheurs qui affectent les humains.
Les Indiens Shipaya affirment que la durée de la vie d’un homme est proportionnelle à sa connaissance magique qui lui permet de contrecarrer les complots des ennemis visibles ou invisibles.
Les démons et les esprits sont immortels grâce à leur maîtrise supérieure des arts magiques.
La mythologie attribue l’introduction de la mort au Héros culturel (les frères mythiques des traditions ona et yaghan) ou à une erreur commise par les premiers humains (Shipaya).
Le thème du message de l’immortalité incompris par les humains mais pas par divers animaux (serpents, insectes) qui changent de peau et ne meurent jamais semble être d’origine africaine.
On le trouve essentiellement parmi les tribus amazoniennes qui ont probablement été influencées par les Noirs (Cashinawa, Tamanako, Métis du Solimões*, etc.
).

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