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La santé mentale des policiers en France. Du constat à l'amélioration de la prévention.
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La Police nationale assure de nombreuses missions de sécurité. Il n’existe pas un métier, mais des métiers. Des risques professionnels liés à l'organisation du travail et à l'activité spécifique des policiers sont présents et sources de stress, de risques psychosociaux et de conflits entre vie professionnelle et vie privée. Malgré de multiples actions de prévention, l’administration déplore un nombre stable de suicides au sein des effectifs. Pourtant de nombreux suicides seraient évitables par une prise en charge des troubles mentaux sous-jacents. En l'absence de données sur la santé mentale des policiers français, notre objectif était de déterminer la prévalence de la dépression, des troubles post-traumatiques, de l'anxiété et de la consommation de substances chez les policiers français. Nous avons ensuite exploré le recours aux soins. Deux enquêtes ont été réalisées : la première, trois mois après l’attentat de Strasbourg auprès de personnels de Strasbourg (exposés directement, indirectement ou non exposés) ; la seconde, à l’issue du premier confinement de la pandémie de la Covid-19 auprès de policiers de Strasbourg (région très impactée par la pandémie) et de policiers de l’Hérault (région nettement moins touchée). Les outils utilisés ont été la PCL-5 (TSPT), le PHQ-9 (dépression), le GAD-7 (anxiété), ainsi que des questions sur les idées suicidaires, sur la consommation d’alcool, de tabac et sur le recours aux soins. Des analyses univariées, puis multivariées ont été réalisées. Trois mois après l’attentat, 475 policiers ont répondu. Le TSPT était significativement plus fréquent chez les agents de la police exposés directement (n=182) (6,6%) et indirectement (n=81) (1,2%) que chez ceux qui n’avaient pas été exposés (n=212) (0,9%). Il existait également un gradient selon le niveau d’exposition pour le TSPT partiel. La prévalence de la dépression 11,8% et des idées suicidaires était similaire dans les trois groupes. Le recours aux soins était insuffisant. Dans la deuxième étude, la prévalence de la dépression était significativement plus faible dans le Bas- Rhin (26%) que dans l’Hérault (40%). Il en était de même pour l’anxiété. Un manque de soutien de la part des collègues ou de la direction ainsi que des antécédents psychiatriques, étaient associés à la dépression ou à l'anxiété. La résilience était associée à des niveaux plus faibles de dépression et d'anxiété. Les autres facteurs significatifs étaient l'accès à du matériel de prévention de la propagation du virus et la présence à domicile d'une personne suspectée d'être ou d'avoir été atteinte de la Covid- 19. Ces résultats sont concordants avec la littérature internationale. Les prévalences sont soit égales à celles de la population générale, soit supérieures. Il est nécessaire de poursuivre la réflexion sur des outils de veille sanitaire afin de disposer de prévalences hors événement particulier, mais aussi de poursuivre les travaux sur le recours aux soins. Pour ce faire deux protocoles d’étude visant à étudier les obstacles au recours aux soins sont présentés. Ce travail a donc permis de fournir des chiffres de prévalence, mais aussi des enseignements méthodologiques utiles à la poursuite de la recherche médicale sur la santé mentale des policiers en France.
Title: La santé mentale des policiers en France. Du constat à l'amélioration de la prévention.
Description:
La Police nationale assure de nombreuses missions de sécurité.
Il n’existe pas un métier, mais des métiers.
Des risques professionnels liés à l'organisation du travail et à l'activité spécifique des policiers sont présents et sources de stress, de risques psychosociaux et de conflits entre vie professionnelle et vie privée.
Malgré de multiples actions de prévention, l’administration déplore un nombre stable de suicides au sein des effectifs.
Pourtant de nombreux suicides seraient évitables par une prise en charge des troubles mentaux sous-jacents.
En l'absence de données sur la santé mentale des policiers français, notre objectif était de déterminer la prévalence de la dépression, des troubles post-traumatiques, de l'anxiété et de la consommation de substances chez les policiers français.
Nous avons ensuite exploré le recours aux soins.
Deux enquêtes ont été réalisées : la première, trois mois après l’attentat de Strasbourg auprès de personnels de Strasbourg (exposés directement, indirectement ou non exposés) ; la seconde, à l’issue du premier confinement de la pandémie de la Covid-19 auprès de policiers de Strasbourg (région très impactée par la pandémie) et de policiers de l’Hérault (région nettement moins touchée).
Les outils utilisés ont été la PCL-5 (TSPT), le PHQ-9 (dépression), le GAD-7 (anxiété), ainsi que des questions sur les idées suicidaires, sur la consommation d’alcool, de tabac et sur le recours aux soins.
Des analyses univariées, puis multivariées ont été réalisées.
Trois mois après l’attentat, 475 policiers ont répondu.
Le TSPT était significativement plus fréquent chez les agents de la police exposés directement (n=182) (6,6%) et indirectement (n=81) (1,2%) que chez ceux qui n’avaient pas été exposés (n=212) (0,9%).
Il existait également un gradient selon le niveau d’exposition pour le TSPT partiel.
La prévalence de la dépression 11,8% et des idées suicidaires était similaire dans les trois groupes.
Le recours aux soins était insuffisant.
Dans la deuxième étude, la prévalence de la dépression était significativement plus faible dans le Bas- Rhin (26%) que dans l’Hérault (40%).
Il en était de même pour l’anxiété.
Un manque de soutien de la part des collègues ou de la direction ainsi que des antécédents psychiatriques, étaient associés à la dépression ou à l'anxiété.
La résilience était associée à des niveaux plus faibles de dépression et d'anxiété.
Les autres facteurs significatifs étaient l'accès à du matériel de prévention de la propagation du virus et la présence à domicile d'une personne suspectée d'être ou d'avoir été atteinte de la Covid- 19.
Ces résultats sont concordants avec la littérature internationale.
Les prévalences sont soit égales à celles de la population générale, soit supérieures.
Il est nécessaire de poursuivre la réflexion sur des outils de veille sanitaire afin de disposer de prévalences hors événement particulier, mais aussi de poursuivre les travaux sur le recours aux soins.
Pour ce faire deux protocoles d’étude visant à étudier les obstacles au recours aux soins sont présentés.
Ce travail a donc permis de fournir des chiffres de prévalence, mais aussi des enseignements méthodologiques utiles à la poursuite de la recherche médicale sur la santé mentale des policiers en France.
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