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Resistance to Eprinomectin in Haemonchus contortus : Diagnostic, Risk factors and Solutions for Dairy Sheep Farms in France

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Résistance à l’Eprinomectine chez Haemonchus contortus : Diagnostic, Facteurs de Risque et Solutions dans les Elevages Ovins Laitiers en France Au pâturage, les ovins sont inévitablement exposés aux strongles gastro-intestinaux (SGI). L’infection par ces parasites peut fortement impacter leur santé et leur bien-être, et peut donc générer des pertes de productions importantes. Au cours des 60 dernières années, ces impacts ont été limités par l’utilisation de molécules anthelminthiques (AH). Le développement au niveau mondial de résistances des principaux SGI pathogènes envers toutes les familles d’AH remet en question la durabilité d’une gestion reposant uniquement sur ces molécules. Ce questionnement est particulièrement important en brebis laitière : la lactation dure entre 6 et 8 mois, et la pharmacocinétique de certaines molécules empêche leur utilisation pendant cette phase, ou impose un temps d’attente couteux pour l’éleveur. Jusque 2014, les benzimidazoles étaient largement utilisés pendant la lactation. Cependant, les résistances croissantes à cette famille et un changement de temps d’attente de 0 jour à minimum 4 a suscité un report massif sur l’éprinomectine (EPN). Cette lactone macrocyclique a initialement été développée pour les bovins laitiers, puis pour les ovins et caprins en 2016 et 2020 en France, pour les formes pour-on et injectables respectivement. Les premières suspicions de perte d’efficacité de l’EPN dans les élevages ovins laitiers en France a motivé des Tests de Réduction de l’Excrétion Fécale (TREF ou FECRT), complétés d’un dosage de la concentration sérique de la molécule pour confirmer la présence de résistance et exclure une éventuelle sous-exposition, ce qui constitue la première partie de ce travail. Le nombre croissant de suspicions de perte d’efficacité, provenant toutes initialement du département des Pyrénées Atlantiques, a motivé une étude sur les facteurs de risque d’apparition de la résistance, et constitue le deuxième volet de cette thèse. Nous avons démontré l’importance de la transhumance dans la diffusion de la résistance aux AH, en soulevant de plus la question de la compatibilité croissante d’Haemonchus contortus aux conditions environnementales en estive à l’aune du réchauffement climatique. Les nombreuses recherches sur les stratégies favorisant les refuges pour limiter l’apparition de résistances lors de traitement AH n’ont pas toujours été traduites en protocoles applicables sur le terrain. Nous avons évalué une stratégie de Traitement Ciblé Sélectif (TCS) sur 5 exploitations dans les 2 principaux bassins de production de brebis laitière français. En traitant les brebis en première lactation et les brebis multipares qu’ils estimaient en mauvais état corporel, les éleveurs ont pu diminuer significativement la charge parasitaire dans leur cheptel tout en maintenant de 13 à 80% des brebis en refuge. Dans 4 des 5 élevages, la principale espèce infectant les brebis était Haemonchus contortus, mais dans les 2 zones les intensités d’excrétion fécales d’œufs étaient différentes. Le traitement sélectif des brebis n’a pas eu d’impact sur la fertilité dans les élevages des Pyrénées Atlantiques. Les brebis non traitées produisaient en moyenne 8 (PA) à 9% (RR) de lait en moins que les brebis traitées. Cette perte de production est à mettre en regard du coût de la résistance, incluant la perte de production pouvant subvenir lorsque le traitement utilisé n’est pas efficace, et en regard des bénéfices d’une d’impact environnementale du traitement. L’efficacité de l’EPN a été maintenue sur la durée de l’étude, quand elle était initialement bonne. L’utilisation d’un AH en TCS doit faire partie d’une gestion intégrée du parasitisme ayant pour objectif un élevage plus résilient, en prenant en l’importance de l’alimentation, de l’immunité de l’hôte et de la gestion du pâturage dans son ensemble.
Agence Bibliographique de l'Enseignement Supérieur
Title: Resistance to Eprinomectin in Haemonchus contortus : Diagnostic, Risk factors and Solutions for Dairy Sheep Farms in France
Description:
Résistance à l’Eprinomectine chez Haemonchus contortus : Diagnostic, Facteurs de Risque et Solutions dans les Elevages Ovins Laitiers en France Au pâturage, les ovins sont inévitablement exposés aux strongles gastro-intestinaux (SGI).
L’infection par ces parasites peut fortement impacter leur santé et leur bien-être, et peut donc générer des pertes de productions importantes.
Au cours des 60 dernières années, ces impacts ont été limités par l’utilisation de molécules anthelminthiques (AH).
Le développement au niveau mondial de résistances des principaux SGI pathogènes envers toutes les familles d’AH remet en question la durabilité d’une gestion reposant uniquement sur ces molécules.
Ce questionnement est particulièrement important en brebis laitière : la lactation dure entre 6 et 8 mois, et la pharmacocinétique de certaines molécules empêche leur utilisation pendant cette phase, ou impose un temps d’attente couteux pour l’éleveur.
Jusque 2014, les benzimidazoles étaient largement utilisés pendant la lactation.
Cependant, les résistances croissantes à cette famille et un changement de temps d’attente de 0 jour à minimum 4 a suscité un report massif sur l’éprinomectine (EPN).
Cette lactone macrocyclique a initialement été développée pour les bovins laitiers, puis pour les ovins et caprins en 2016 et 2020 en France, pour les formes pour-on et injectables respectivement.
Les premières suspicions de perte d’efficacité de l’EPN dans les élevages ovins laitiers en France a motivé des Tests de Réduction de l’Excrétion Fécale (TREF ou FECRT), complétés d’un dosage de la concentration sérique de la molécule pour confirmer la présence de résistance et exclure une éventuelle sous-exposition, ce qui constitue la première partie de ce travail.
Le nombre croissant de suspicions de perte d’efficacité, provenant toutes initialement du département des Pyrénées Atlantiques, a motivé une étude sur les facteurs de risque d’apparition de la résistance, et constitue le deuxième volet de cette thèse.
Nous avons démontré l’importance de la transhumance dans la diffusion de la résistance aux AH, en soulevant de plus la question de la compatibilité croissante d’Haemonchus contortus aux conditions environnementales en estive à l’aune du réchauffement climatique.
Les nombreuses recherches sur les stratégies favorisant les refuges pour limiter l’apparition de résistances lors de traitement AH n’ont pas toujours été traduites en protocoles applicables sur le terrain.
Nous avons évalué une stratégie de Traitement Ciblé Sélectif (TCS) sur 5 exploitations dans les 2 principaux bassins de production de brebis laitière français.
En traitant les brebis en première lactation et les brebis multipares qu’ils estimaient en mauvais état corporel, les éleveurs ont pu diminuer significativement la charge parasitaire dans leur cheptel tout en maintenant de 13 à 80% des brebis en refuge.
Dans 4 des 5 élevages, la principale espèce infectant les brebis était Haemonchus contortus, mais dans les 2 zones les intensités d’excrétion fécales d’œufs étaient différentes.
Le traitement sélectif des brebis n’a pas eu d’impact sur la fertilité dans les élevages des Pyrénées Atlantiques.
Les brebis non traitées produisaient en moyenne 8 (PA) à 9% (RR) de lait en moins que les brebis traitées.
Cette perte de production est à mettre en regard du coût de la résistance, incluant la perte de production pouvant subvenir lorsque le traitement utilisé n’est pas efficace, et en regard des bénéfices d’une d’impact environnementale du traitement.
L’efficacité de l’EPN a été maintenue sur la durée de l’étude, quand elle était initialement bonne.
L’utilisation d’un AH en TCS doit faire partie d’une gestion intégrée du parasitisme ayant pour objectif un élevage plus résilient, en prenant en l’importance de l’alimentation, de l’immunité de l’hôte et de la gestion du pâturage dans son ensemble.

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